jeudi 7 juillet 2011

Chiffres des IVG en 2008 / 2009 en France : stabilité ou banalisation ?

La Direction de la Recherche, des études, de d'évaluation et des statistiques (DREES) vient de publier les chiffres des IVG en 2008 et 2009. Les commentaires se multiplient parallèlement à une nouvelle campagne financée par le Conseil Régional d'Ile-de-France, sur l'avortement, la contraception...
Des éléments présentés, on peut retenir plusieurs faits marquants, ne serait-ce que parce qu'ils confirment les tendances déjà présentes dans les bilans statistiques antérieurs :

- 222 100 IVG ont été pratiquées en France en 2009 (222 800 en 2008 : « la France, nous disent les auteurs, se situe dans la moyenne européenne, très au-dessus cependant de l'Allemagne ou des Pays-Bas, plus proches de 6 IVG pour mille femmes » (ce chiffre est de 15 pour mille en France, pour les femmes âgées de 15 à 49 ans) ;

- « la fréquence du recours [à l'IVG] se stabilise à tous les âges », peut-on également lire, cette stabilité ne devant pas occulter un recours très variable suivant l'âge : 22 et 27 femmes pour mille avortent respectivement pour les 20-24 ans et pour les 25-29 ans « tandis que chez les femmes de 40 à 49 ans, le recours est plus bas, autour de 6 pour mille » (il existe également de fortes variations d'une région à l'autre (l'Ile-de-France rassemblant un quart de l'ensemble des IVG pratiquées en 2008 et en 2009 et la région PACA présentant, pour la France métropolitaine, le plus fort taux d'IVG pour 1000 femmes et pour 1000 femmes mineures, respectivement 20,8 et 14,8) ;

- « en 2009, les IVG concernent 29 000 femmes âgées de 15 à 19 ans, dont 11 670 mineures », les auteurs signalant une très légère baisse en 2008 et 2009, mais il reste difficile de mettre ces chiffres en regard du nombre de grossesses effectivement commencées ;
- on évalue à 4 femmes sur 10 le nombre de celles qui auront recours à une IVG au moins une fois dans leur vie féconde, c'est dire l'ampleur des conséquences que les observateurs commencent d'ailleurs à reconnaître, conséquences qui prennent une acuité d'autant plus grande que, désormais, « plus d'une IVG sur deux est désormais médicamenteuse » ;

- un commentaire en annexe permet montre l'affirmation d'une nouvelle norme procréative en France suivant laquelle il est de moins en moins acceptable qu'une jeune fille soit enceinte : « les jeunes ont de plus en plus souvent recours aux interruptions, lors de grossesses non prévues » (on compte ainsi en 2009 environ 4200 naissances et 11 700 IVG).

Ces chiffres, les tendances confirmées n'inspirent aucun commentaire particulier aux auteurs. On pourrait cependant souligner les questions que pose le développement des IVG médicamenteuses, notamment quant à ses effets de long terme qui pourraient être étudiés, l'isolement des femmes qui en découle, ou encore le fait que cette absence d'enseignements ne peut manquer de laisser penser à une banalisation de l'acte qui apparaît finalement sinon comme indispensable, du moins comme tellement structurel qu'il ne saurait être question de chercher des moyens pour en faire baisser effectivement le nombre.

Tel n'est pas la perspective d'une récente note du Centre d'Analyse Stratégique dont l'analyse reste cependant silencieuse sur la logique qui conduit à l'avortement

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