samedi 19 janvier 2013

La sécurité sociale revalorise les indemnisations des Hôpitaux qui pratiquent des IVG


Danielle Gaudry
Le tarif de l’intervention sera revalorisé de 50 % à partir de mars 2013. 
L’objectif de cette décision annoncée hier par la ministre de la santé Marisol Touraine lors de son déplacement à la maternité des Lilas (93), est d’encourager les praticiens à effectuer davantage cette intervention
En effet, les IVG chirurgicales réalisées en établissement de santé ont tendance à diminuer. Actuellement, le faible montant de remboursement pour une IGV par l’assurance maladie n’incite pas à réaliser cet acte. Les professionnels de la santé préfèrent s’abstenir de pratiquer cette intervention devenue trop déficitaire pour eux et peu valorisante sur le plan médical. 
Avec cette décision, prise le jour même du 38ème anniversaire de la loi Veil relative à l’avortement, l’aspect financier ne sera donc plus un motif de désengagement des établissements hospitaliers. 
Danielle Gaudry, gynécologue obstétricienne et militante du Planning familial, est satisfaite de cette décision : « de nombreux établissements ont fait le choix, dans leur gestion des activités, de limiter les IVG car elles n’étaient pas profitables. En 2010, Roselyne Bachelot proposait déjà une revalorisation de l’IVG. Elle n’a pas eu lieu. J’espère qu’avec la décision de Marisol Touraine, et surtout, son application, les établissements hospitaliers vont changer leur politique. Sinon, l’IVG va disparaitre complètement de leurs activités». 
Environ 225 000 interruptions volontaires de grossesse - dont la moitié chirurgicales - sont pratiquées en France chaque année. Après une dizaine d’années de hausse, leur nombre est pratiquement stable depuis 2006. Le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2013 prévoit une prise en charge à 100% de l’IVG par l'assurance maladie. Danielle Gaudry s’en réjouit : « actuellement, l'avortement est pris en charge à 70 ou 80 % par l'Assurance-maladie, le reste est aux frais des patientes. Si la nouvelle disposition entre en vigueur, l'interruption médicale de grossesse deviendra gratuite pour toutes ». Mais elle souhaiterait aller encore plus loin « l’IVG n’est toujours pas considérée comme un acte médical comme les autres. Elle reste un acte à part, avec une tarification spéciale. C’est encore un gros tabou. »
Source : Ministère des Affaires Sociales et de la Santé

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