jeudi 21 février 2013

La transhumanité est-elle l’enjeu caché du mariage pour tous ?

Le projet du mariage pour tous est caractérisé par la transgression intégrale des interdits qui constituaient la base de l’organisation reproductive des sociétés humaines depuis que l’humanité existe, à savoir la séparation nette entre les sexes et la nécessité pour constituer un couple reproductif d’associer deux humains de sexe différent. Ce principe de base n’excluait pas la pratique de l’homosexualité, dans l’antique civilisation grecque par exemple, même si celle-ci était très largement masculine et réservée à une caste de privilégiés, la classe des possédants terriens et des commerçants, qui en contrepartie du service militaire accédait au rang de citoyen donnant droit à la participation à la vie politique de la Cité. Dans le cas grec la multiplication des guerres intestines entre cités rivales et la chute de la natalité ont précipité le déclin de la civilisation grecque qui s’est progressivement affaiblie, à mesure que la démocratie basée sur l’équité sociale entre les membres de la caste dirigeante cédait progressivement la place à la tyrannie, puis à la soumission à l’Empire macédonien.

Cette plongée dans l’histoire résonne comme une mise en garde contre des pratiques qui s’écartent dramatiquement du fonctionnement naturel d’une société, pour adopter des modes de reproduction artificielle qui sont nécessités par l’impossibilité naturelle de se reproduire entre des personnes du même sexe obligées d’avoir recours à des procédés de fécondation in vitro associés à des plans de location de travailleurs reproductifs mettant leur organisme à la disposition de ceux qui souhaitent se débarrasser des contraintes reproductives. Remarquons dès à présent que la reproduction est considérée plus comme une charge que comme un agrément, dès lors qu’elle est envisagée sous l’angle du confort reproductif qui nécessite de se débarrasser des inconvénients liés à la grossesse, pour se concentrer sur le plaisir lié à la naissance d’un enfant ave tout l’imaginaire ludique qu’il porte dans un univers de représentations médiatique, où l’enfant occupe une fonction récréative dans le quotidien de l’adulte blasé en quête de nouveautés porteuses d’avenir.

Au-delà de la PMA et des mères porteuses, se dessine donc un projet d’humanité nouvelle caractérisée par l’affranchissement des contraintes naturelles liées à l’état de nature qui a été le lot commun de l’humanité depuis son apparition sur la Terre et le désir de recréer un univers où le plaisir de l’invention succéderait à la nécessité de la reproduction comme condition de la persistance de l’espèce humaine, encore appelée « reproduction des générations ». Cette règle démographique imposait un nombre minimum d’enfants par femme en âge de procréer, sous peine de voir la pyramide des âges s’inverser et la population imploser sous l’effet ciseaux de l’accélération des décès et de la diminution des naissances, faute d’un nombre suffisant de jeunes capables de fonder une famille. Cette règle reproductive est contestée par une véritable révolution sociale et démographique, où la prise en charge de la reproduction humaine devient une affaire de de business et de réglementation par l’Etat plutôt qu’une loi naturelle dont la violation condamnait auparavant une société à dépérir puis à disparaître corps et biens emportée par l’invasion des peuples plus prolifiques et dynamiques.

Aujourd’hui l’implosion démographique et la mutation des comportements sexuels devient un phénomène mondial entretenu par le législateur et le business reproductif (entreprises de reproduction assistée, entreprises de génie génétique) qui se targuent d’enfanter une nouvelle race d’hommes sur la base de l’avancée des sciences du génie génétique (1) comme de l’évolution sociale qui tend à se débarrasser des anciennes structures de base des sociétés grégaires fondées sur le modèle familial patriarcal, pour évoluer vers des formules d’organisation sociale flexibles et mobiles plus adaptées aux nouvelles conditions d’existence d’une population urbaine marquée par le nomadisme économique et sociale ainsi que par la précarisation des conditions économiques. Celles-ci compromettent radicalement le projet familial fondé sur la pérennité économique et la stabilité affective des membres constitutifs de la famille. La précarisation de l’emploi agit en effet comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête du père de famille qui ne sait jamais de quoi demain fait, alors même que les classes moyennes avaient largement oublié le temps où la situation sociale demandait un combat permanent pour assumer la pérennité des revenus sans lesquels une famille ne peut se maintenir socialement dans des conditions satisfaisantes. Dans le même temps, la pression de la publicité et le matérialisme ambiant ajoutent une pression supplémentaire sur les soutiens de famille en faisant exploser le coût de l’entretien des enfants (vacances, vêtements, loisirs, etc). La controverse actuelle à propos de la diminution des allocations familiales nous rappelle opportunément cette contrainte économique qui explique pour une bonne part le délitement des cellules familiales, lorsque les parents ne sont plus à la hauteur économique des représentations du confort moderne véhiculées par les supports publicitaires de masse.

Le régulateur profite ainsi de l’effondrement du niveau de vie provoqué par la crise pour pousser ses pions dans le sens du poil des parents terrorisés par l’ampleur du défi familial, lorsque les adultes tremblent devant le simple projet de se lancer dans un investissement à long terme qu’est la famille, de peur de ne pas tenir la distance qui se chiffre en plusieurs dizaines d’années. Le régulateur leur propose opportunément de se débarrasser de la contrainte économique en transférant la durabilité du projet familial traditionnel vers la flexibilité de formule d’association parentale « à la carte » basée sur la location et l’éducation intérimaire depuis la conception de l’enfant jusqu'à leur séparation du foyer familial. La représentation du foyer quitte définitivement l’univers de la cellule familiale privée pour rentrer dans un univers économique et social élaboré par des sociétés privées secondées dans leur tâche par l’Etat jouant le rôle de facilitateur du changement. L’effet de le levier juridique permet de recréer une base légale à un projet parental porté par des parents juridiques qui ne sont plus les parents biologiques, au sens de « papa, maman »,mais des entités juridiques comme des entreprises segmentant la chaîne de valeur du projet reproductif et éducatif pour les transformer en opportunité de business depuis la conception jusqu’à la mort : génie génétique dans le choix du matériel génétique destiné à « produire » un enfant correspondant au projet des « parents » au nom de la parentalité « responsable » (2), soins de santé privatisés sur la base de l’ADN préalablement sélectionné suivant des formules propriétaires brevetées, écoles spécialisées destinées au surdoués, « réalité augmentée » de façon à faire correspondre les caractéristiques du nouvel humain « bionique » à son environnement de vie qui ne saurait se satisfaire de la simple Nature, mais réclame de vivre dans un environnement virtuel à cheval entre le cyber espace et la réalité (voir les lunettes Google conçue sur la base de cette « réalité augmentée », etc).

L’homme de demain est donc appelé à s’affranchir totalement des contraintes de la Nature, dans la mesure où sa conscience ontologique se sera affranchie du cadre des représentations naturelles pour rentrer dans celui de l’imaginaire virtuelle, grâce à l’apport des technologies nouvelles qui deviennent capable d’engendre un individu bionique à cheval entre le virtuel et le réel. La fusion entre l’informatique et le biologique est en passe de devenir une réalité avec la duplication du cerveau humain(3), siège de la conscience et de l’imagination dont les capacités seront déployées à l’infini lorsque cette conscience existentielle spécifique à l’individu pourra être transférée sur un support informatique vivant dans des avatars bioniques qui évolueront dans des environnements virtuels. L’homme fusionnera alors avec la machine bionique (4) qui prendra sa place au nom de la concurrence entre les espèces qui veut que la plus adaptée au nouvel environnement survive à cause de ses capacités supérieures à faire face aux nouveaux défis de notre temps (cf. projet Russie 2045).

Source Agora Vox
 
Références
  1. http://www.technologyreview.com/fea...
  2. http://www.telegraph.co.uk/science/science-news/9480372/Genetically-engineering-ethical-babies-is-a-moral-obligation-says-Oxford-professor.html
  3. http://www.gizmag.com/fet-flagships...
  4. http://www.youtube.com/watch?v=01hb...
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