samedi 30 mars 2013

LMPT du 28 mars n'était pas sécurisée


Dès 18 heures, des manifestants brandissaient des drapeaux aux couleurs de La Manif Pour Tous, le collectif que le Président François Hollande avait ignoré le 24 mars dernier, alors qu'il avait rassemblé plus d'un million de personnes dans Paris pour manifester contre le mariage homosexuel. 

Ce soir là, ils étaient près de 2 000 manifestants en limite du pont du Garigliano, devant le siège de France Télévisions, à crier des slogans pour se faire entendre de François Hollande à l'occasion de son intervention télévisée au JT de 20 heures sur France 2. 
De nombreux jeunes, mais aussi des personnes plus âgées, avaient répondu à un appel lancé par la porte parole du collectif, Frigide Barjot, sur Facebook et Twitter.

Depuis le métro Lourmel, les forces de l'ordre se sont déployées avec des véhicules anti-émeutes jusqu'au lieu de la manifestation (2,5 km) et bien au-delà du Pont du Garigliano. Les CRS étaient certainement plus nombreux pour 2 000 personnes, qu'un million et demi dimanche. Avec de nombreuses voitures bélier et des armes que je ne n'avais pas encore vues lors de manifestations. J'ai voulu en photographier une sur la photo ci-dessous, mais le CRS a dû me voir avec mon appareil photographique, car aussitôt, il l'a rangée.

A l'entrée du bâtiment de France Télévisions, un petit groupe scandait des slogans sans sono. Seule une personne, grâce à un porte-voix, pouvait se faire entendre. 
Je souhaitais rejoindre ce groupe mais les forces de l'ordre en avait interdit l'accès. Ainsi, de ce côté là, la police avait limité l'amplitude de la manifestation.
Je décidais de les rejoindre par l'arrière, et en définitive, je retrouvais le gros des troupes. Celle-ci était bruyante, mais également sans sono.

Plus tard, j'apprenais à la source, que lors de la déclaration de la manifestation, la police n'avait pas autorisé de sono. Ce document n'a pas été signé par la Présidente, mais par une personne mandatée qui a accepté de signer la déclaration de manifestation sans sono, à la demande de la police. L'information n'a pas été remontée à temps aux oreilles des manifestants afin qu'ils soient avertis pour qu'ils viennent avec de nombreux portes-voix.

Cette manifestation n'était pas sécurisée. Il y avait un risque énorme de voir des manifestants se faire écraser par les véhicules qui continuaient de circuler sur cette voie très étroite. 
Il y avait donc d'un côté de la chaussée, les manifestants contenus par des bénévoles qui assuraient la sécurité de la façon la plus difficile qui soit, en retenant immédiatement le moindre débordement. Et de l'autre, des CRS en faction derrière leurs boucliers entre de nombreux cars balisés, impassibles devant les risques d'accidents qui pouvaient se produire sous leurs yeux. Et au milieu, sans discontinuer, des véhicules gros et petits ont roulés jusqu'à la fin de la manifestation. 
Pourquoi cette rue n'a-t-elle pas été barrée pour assurer la sécurité ? 

En réalité, ce sont les photographes particulièrement nombreux qui ont pris le plus de risques. Mais c'est un métier qui comporte des risques (même entre eux ils se font violence) ! 
Ainsi, certains croient pouvoir faire la loi sur le terrain. L'un d'eux n'a pas hésité à me bousculer sans ménagement et a empoigner mon appareil. Il n'y avait pas la crème des photographes ce soir là !

Mon reportage photos : (1) ; (2) ; (3)

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