dimanche 23 juin 2013

La traite des mères…


Il y a quinze ans la république d’Ukraine a autorisé la fameuse G.P.A. ou « gestation pour autrui », sinistre et redoutable pratique qui cache son ignominie derrière des initiales et qu’un ami journaliste appelle à juste titre la traite des mères… 

Le reportage que France 2 a consacré la semaine dernière aux pratiques ukrainiennes m’a glacé le sang bien plus efficacement que tous les films d’horreur que j’avais pu voir jusque là. Il laisse entrevoir vers quelles dérives on a commencé de s’acheminer, modifiant substantiellement et de manière durable, la manière d’envisager l’homme et son humanité. La réalité s’est mise à dépasser la fiction dans la construction d’une « humanité » complètement déshumanisée.

Tout d’abord on s’acharne à éradiquer chez la mère porteuse tout instinct maternel. Même dans le règne animal, lorsqu’on sépare une mère de son petit, elle se lamente, le cherche, tourne comme une âme en peine. Ici, on interdit tout contact et toute affectivité entre la mère porteuse, qui semble s’en accommoder en contrepartie d’une belle compensation financière, et son enfant. L’âme est étouffée par le porte-monnaie…

Le suivi médical ressemble en tous points à celui qu’un vétérinaire assure à une bête qui porte puisque tout élément humain susceptible de créer des liens entre la future mère et son enfant est prohibé. Quand on sait l’importance pour la construction et l’épanouissement de l’être humain des rapports affectifs, et même du contact physique entre le bébé et sa mère, on est absolument horrifié des images et des commentaires du reportage. Le journaliste le répète d’ailleurs deux fois : « pas de place pour les sentiments, les relations sont purement techniques ». La femme n’est d’autre qu’une génitrice à exploiter. Quand des ventres de femme en batterie comme le faisaient les nazis dans les lebensborn pour fabriquer des surhommes ?

Même si tout est masqué sous des alibis altruistes et philanthropiques du style « on répond à un besoin » il est évident que tout cela n’est motivé que par l’argent. Une mère porteuse avoue gagner l'équivalent de dix années de salaire grâce à chaque grossesse. Elle doit se constituer un sacré pactole mais « à quoi servirait-il à l’homme de gagner le monde entier s’il doit le payer de son âme ? » Et quand on sait que l’âme est le souffle vital que nous recevons du Créateur on se dit que les apprentis sorciers d’aujourd’hui jouent vraiment avec la vie…

Une vieille dame de mes amies qui avait vu le reportage elle aussi, m’a interrogé un peu naïvement : « est-ce que le bébé est vendu au poids ? » et le pire c’est qu’il n’y avait rien d’ironique dans sa question… Je dois avouer que je n’avais pas pensé à ça. En effet un petit d’homme se vend-il simplement au prix de la viande, en fonction de son poids, ou plutôt en fonction des options possibles, comme une voiture ?

« Vous ne pouvez pas servir deux maîtres, Dieu et l’argent » disait le Seigneur Jésus. De fait il semble bien que certains en Ukraine – et peut être bientôt chez nous – se cachent derrière de grossiers paravents pour gogos afin de mieux servir leur maître. Je ne sais pas s’ils se rendent compte qu’ils ne trompent personne.

Mgr Robert POINARD
Vicaire général aux Armées

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire