mardi 2 juillet 2013

Le mensonge est toujours un pacte avec le diable

Le mensonge est l'énoncé délibéré d'un fait contraire à la vérité, ou encore la dissimulation de la vérité (dans ce dernier cas on parle plus particulièrement de mensonge par omission). Il ne faut pas le confondre avec la contrevérité, qui désigne simplement une affirmation inexacte, sans préjuger du fait que son auteur le sache ou non. 

Le mensonge est une forme de manipulation qui vise à faire croire ou faire faire à l'autre ce qu'il n'aurait pas cru ou fait, s'il avait su la vérité. En général, le mensonge s'oppose à la véracité (le fait de dire le vrai), à la sincérité ou à la franchise.

Plus précisément, mentir consiste à dire le contraire de sa pensée dans l'intention de tromper. 
L'intention de tromper permet de distinguer le mensonge d'autres usages faux de la parole, faits dans le but de divertir ou par pur procédé rhétorique (comme dans le cas de la litote). À ce titre, il est considéré comme un vice ou un péché par la tradition morale philosophique et religieuse. 

Ainsi, certains mensonges sont punis par la loi, comme l'usage de faux, le non-respect des contrats dans le commerce, ou la fausse déclaration en justice.

Le dicton « toute vérité n'est pas bonne à dire » renvoie aussi à l'idée que, peut-être, « toute vérité n'est pas bonne à entendre » et entraîne ainsi un « bon » mensonge, au moins par omission.

Causes :
Le mensonge peut être inspiré par des émotions ou par plusieurs autres facteurs psychologiques ou environnementaux. Les facteurs environnementaux incluent l'hypocrisie, l'amour de soi ou l'appât du gain. 
Ils peuvent inclure mépris ou haine, solitude, jalousie et égoïsme ; dans un cas extrême, ils incluent le pouvoir (abus de pouvoir sur autrui) ou la recherche de déstabilisation (qui peut être à des fins dites joyeuses ou pernicieuses). Émotionnellement, ils incluent peur (dans les relations interpersonnelles, de l'inconnu ou d'une douleur enfouie), abandon, rejet, injustice, trahison ou humiliation, affection, honte ou gêne.

D'une manière sémantique, l'amour (pour protéger l'être aimé, également vrai pour l'amitié, ce qui revient alors à exercer un abus de pouvoir avec le risque d'abuser de l'ignorance ou de la faiblesse d’autrui qui ne pourrait pas supporter la vérité). C'est également un manque de courage pour mettre en œuvre les moyens de chercher ensemble le chemin qui conduit à permettre la vérité.

Les catholiques citent volontiers une recommandation de l'évangile : « Que votre oui soit oui et que votre non soit non. Tout ce qui est rajouté vient du Démon ». (Matthieu 5, 37). En d'autres termes, jurer est inutile car un chrétien ne doit de toute façon pas mentir. 
Saint Augustin dénonce ainsi catégoriquement l'usage du mensonge (Du Mensonge). Néanmoins, une importante littérature jésuite développe une casuistique du mensonge, l'autorisant dans certains cas et sous certaines formes, ce qui fera l'objet de la critique acerbe de Pascal dans Les Provinciales.

La vérité est présentée comme un bien important dont chacun a besoin pour éclairer et régler, d’une façon juste, les jugements de son intelligence et pour guider, d’une façon sûre, la conduite de sa volonté’’. 

L'aspect social, voire conjugal, est également mentionné : des relations correctes ont besoin de la franchise, de la confiance mutuelle et de la sincérité.

La notion de « pieux mensonge », pour utiliser la terminologie profane, n'est pas acceptée.

Les milieux traditionalistes se référent parfois à « La langue qui ment est abominable devant Dieu ! » (Proverbes 12,22), « Dieu hait les menteurs ! » (Psaumes) et, dans l’Apocalypse : « La place des menteurs est dans l’étang de soufre et de feu ! ».
La qualification de menteur est en quelque cas que ce soit considérée comme avilissante.

l’hypocrisie est considérée comme du « mensonge en action » : elle consiste en effet à agir autrement qu’on ne pense, et constitue donc une fausseté. On rappellera le peu d'aménité de Jésus pour les Pharisiens qu'il traite même de « sépulcres blanchis » et de « loups ravisseurs ». (Matthieu 23,27 ; et 7,15.)

Dans sa Somme théologique, Thomas d'Aquin arrive à des conclusions sévères sur la jactance, ou vantardise, qui fait évidemment partie des mensonges : « La jactance est une sorte de mensonge. On le voit d'après la fin poursuivie par le mensonge. 

Selon le Philosophe « le vantard se met au-dessus de la réalité, parfois sans aucun motif, parfois en vue de la gloire ou de l'honneur, parfois pour de l'argent ». 
Il en reste qu'il est toujours pernicieux, et il apparaît donc qu'il est toujours péché mortel. »

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