samedi 23 novembre 2013

"La procession de Tolosa"


Cette photo, qui tourne depuis plusieurs jours sur internet, n'avait pas retenu mon attention, car je pensais qu'il s'agissait de la mise en scène d'un film sur le point de sortir sur les écrans. Par hasard, Je suis finalement arrivée sur le blog de l'auteur et je n'ose pas écrire sur sa beauté, tant elle est tragique, et à la fois profondément spirituelle. Je laisse l'auteur parler de cet instantané :

TOLOSA (Philippines), 22 nov. 2013 – Mon collègue Jason Gutierrez et moi revenions d’un reportage sur les communautés de pêcheurs ayant tout perdu après le passage du typhon Haiyan sur l’île de Leyte, aux Philippines, quand nous avons croisé le chemin de cette petite procession religieuse dans le village de Tolosa.

Le temps est très orageux à cette époque de l’année aux Philippines. Alors que nous roulions sur le chemin de retour vers Tacloban, des nuages ont commencé à se former devant le soleil déclinant. Le long de cette route, les habitants avaient allumé des feux pour brûler les débris laissés par le typhon, provoquant une brume blanche éparse. Le paysage dévasté est devenu pour quelques instants d’une rare beauté.

C’est à ce moment précis que sur la route, en face de nous, a surgi ce groupe de huit ou dix femmes et enfants qui marchaient en récitant des prières et en portant des icônes. Cette procession, probablement improvisée, mais bien ordonnée, contrastait fortement avec le chaos ambiant. Nous l’avons dépassée, puis nous avons fait demi-tour pour être placés en amont de la marche. Je suis descendu du véhicule pour me rapprocher rapidement du groupe, car je savais que ce moment n’allait pas durer.

A cause de la fumée qui montait des ruines, le ciel se confondait avec la terre. Je me suis donc positionné en contre-jour pour tirer parti de la lumière qui était diffusée par les nuages et par la fumée. J’ai choisi une profondeur de champ très réduite, et cadré cette femme au premier plan, afin qu’elle se détache nettement du fond. J’ai dû courir à côté du groupe pour pouvoir la cadrer de profil et voir son visage, tout en maintenant le soleil hors-champ.

1 commentaire:

  1. difficile de croire à la réalité des cendres, aux réalités trop terribles pour être réelles et pourtant réelles

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