vendredi 24 janvier 2014

Le président François Hollande a été reçu par le Pape François

©POOL-REUTERS
 
Le chef d'Etat français rencontre en ce moment le Secrétaire d’Etat, Mgr Pietro Parolin. C’est la huitième fois qu’un président de la Ve République est reçu au Vatican.

François Hollande est arrivé à 10h30 dans la cours Saint Damase au Vatican, accompagné d’une escorte d’une dizaine de voitures et d’une dizaine de motos, comme c’est le cas pour les visites de chefs d’État importants.

Le Pape, le visage grave, l'a accueilli au deuxième étage du Palais apostolique. Après une poignée de main échangée face caméra, les deux hommes se sont entretenus pendant 35 minutes en tête à tête dans la bibliothèque, où sont reçus les chefs d'Etat. « Saint-Père, je suis très heureux d'être accueilli ici », a dit le président Hollande en serrant la main du Pape dans la salle du Tronetto en arrivant au deuxième étage du Palais apostolique. « Nous sommes habitués à ces contraintes », a ajouté le président, faisant apparemment allusion à la présence des journalistes et des photographes.

Le Pape serre le père Georges Vandenbeusch dans ses bras

A l'issue de leur entretien, François Hollande a présenté au Pape la délégation française, composée d’une quinzaine de personnes, parmi lesquelles son ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, mais aussi l'écologiste Nicolas Hulot, ou encore le père Georges Vandenbeusch qui fut retenu en otage par le groupe islamiste Boko Haram au Cameroun pendant plus d’un mois avant d’être libéré, le 31 décembre dernier. Le Pape s'est dit «très heureux» de le rencontrer. Il l'a même chaleureusement serré dans ses bras.

« A bientot »

Echange de présents. Le président français a ensuite offert au Pape un ouvrage sur Saint François d'Assise par Maurice Boutet de Monvel, publié par Plon en 1929. « C'est aussi votre saint patron », a glissé le Pape François à François Hollande dans un sourire. En quittant le Pape, le président français lui a dit : « à bientot ». L'atmosphère semblait plus détendue à l'issue de leur échange privé.

Après son passage au Vatican, le président de la République se rendra à l’Institut français, dans le centre de la capitale italienne, pour s’adresser à la presse. 43 journalistes sont arrivés de Paris pour couvrir l'événement. 31 journalistes ont été accrédités à Rome. Ils seront 81 à suivre la conférence de presse du chef de l’Etat français.

François Hollande offrira un déjeuner de travail à l’ambassade de France auprès du Saint-Siège au secrétaire d’Etat, Mgr Pietro Parolin, accompagné de responsables de la Secrétairerie d’Etat et de prélats français de la curie.

Depuis 1958, à l’exception de Georges Pompidou, tous les chefs d’Etat français sont venus au Vatican. Nicolas Sarkozy a été reçu à deux reprises. La visite de François Hollande intervient, avec en toile de fond, des questions qui ont suscité une vaste mobilisation des catholiques français : la loi Taubira, la fin de vie, la réforme de la loi sur l’avortement, l’immigration. Mais aussi des dossiers internationaux, tels que la guerre civile en Syrie et la crise centrafricaine, suivies des deux côtés avec la plus grande attention.

Au niveau national, la politique sociétale du gouvernement suscite incompréhensions et frustrations dans la sphère des catholiques, y compris parmi de nombreux électeurs de François Hollande. L’impression de voir le gouvernement passer en force, sans véritable consultation, accentue le malaise.

Le philosophe Guy Coq, spécialiste de la laïcité, revient sur ce climat de tensions, interrogé par Cyprien Viet

A l'occasion de la visite au Vatican de François Hollande, plus de 100 000 jeunes catholiques de France ont signé une pétition adressée au Pape François faisant état de leur profond malaise sur différents sujets sociétaux. Dans cette lettre, mise en ligne il y a quelques jours sur le site de pétitions Citizen Go, les signataires font part de l'inquiétude grandissante de nombreux catholiques de France face à la promotion par le gouvernement d'atteintes majeures aux droits fondamentaux de la personne humaine.

Ils évoquent la loi Taubira, la procréation médicalement assistée et la gestation pour autrui, la recherche sur l'embryon humain, l'euthanasie, la question du genre. Les jeunes catholiques y dénoncent aussi une campagne médiatique de dénigrement d'une rare violence ainsi que la multiplication des profanations d'églises. Les signataires demandent au Saint-Père de trouver les mots pour exprimer leur malaise sur l'ensemble des sujets évoqués.

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