mercredi 26 février 2014

L’Algérie a suspendu l’autorisation d’exhumation pour les moines de Tibhirine

Les autorités algériennes ont en effet reporté la visite prévue à partir de dimanche du juge Marc Trévidic, qui devait procéder à l’exhumation des têtes des sept moines cisterciens assassinés en 1996. « C’est pour nous une immense déception et un camouflet infligé à la justice française », a commenté l’avocat des proches des religieux, Me Patrick Baudouin. « Le magistrat de liaison algérien en France a indiqué au juge Trévidic que tout n’était pas prêt pour cette visite ». 
Le juge Marc Trévidic et sa consoeur Nathalie Poux avaient obtenu en novembre l'accord des autorités algériennes pour aller exhumer les têtes des moines enterrées à Tibéhirine, et procéder à leur autopsie dans le but de faire la lumière sur leur assassinat en pleine guerre civile. Ils avaient formulé cette requête dans une commission rogatoire internationale adressée aux autorités algériennes en décembre 2011. 

Que s'est-il vraiment passé ? 
Enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996 dans leur monastère isolé près de Medea (sud d'Alger), les religieux avaient été assassinés, un acte revendiqué par le Groupe islamique armé (GIA) de Djamel Zitouni. Les têtes des moines avaient été retrouvées le 30 mai 1996 au bord d'une route de montagne. Leurs corps n'ont en revanche jamais été retrouvés, cette absence de dépouille soulevant l'hypothèse d'une volonté de masquer les causes de la mort. 
Après avoir suivi la thèse islamiste, le juge Trévidic a réorienté l'enquête vers une possible bavure de l'armée algérienne, avec le témoignage d'un ancien attaché de Défense à l'ambassade de France à Alger. Selon le général François Buchwalter, les moines ont été tués dans un raid d'hélicoptères militaires tandis qu'ils se trouvaient dans ce qui semblait être un bivouac de jihadistes. (AFP)

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