jeudi 17 juillet 2014

Ces mots qui cachent une réalité mortifère : la "réduction embryonnaire ET foetale"

Les réductions embryonnaires ou fœtales sont des arrêts volontaires du développement d'un embryon, ou d'un fœtus, ou de plusieurs, lors de grossesses multiples.
Elles se font généralement autour de 2 à 3 mois de grossesse. Elles peuvent, exceptionnellement, être pratiquées plus tardivement.

Les réductions, réalisées sous échographie, sont pratiquées, soit par aspiration si la grossesse est de moins de 2 mois, soit par injection d'un produit hyper-tonique dans l'embryon ou le fœtus. Cette dernière technique est la plus employée, même en cas de grossesse débutante, car elle entraîne peu de risques d'avortement spontané des embryons restants.

Actuellement, dans les grossesses débutantes, les embryons dont on stoppe le développement sont les embryons les plus accessibles : il n'y a pas de choix délibéré. Il en va différemment dans les réductions fœtales. Aussi, il parait utile de traiter d'une part, de la réduction embryonnaire précoce, et d'autre part, de la réduction fœtale.

Il semble donc, actuellement, que la très grande majorité des réductions embryonnaires, qu'elles soient précoces ou tardives, soient à visées thérapeutiques et tendent à prévenir la mort ou le handicap d'un ou plusieurs embryons ou fœtus, parfois même de la mère.

Considérations juridiques, déontologiques, éthiques 
La réduction embryonnaire ou fœtale ne pouvait être envisagée à l'occasion du vote de la loi du 17 janvier 1975 sur l'interruption de grossesse. Cette technique médicale était inconnue à l'époque. On doit maintenant se demander s'il s'agit d'une interruption de grossesse et, par suite, s'il convient d'appliquer, en la circonstance, les dispositions de cette loi. 

La question est d'abord juridique, elle est également déontologique. Elle comporte aussi des implications éthiques. 

Sur le plan juridique, nous nous bornerons à poser le problème sous ses différents aspects. S'agissant de la réduction embryonnaire avant la dixième semaine, on peut penser qu'une grossesse multiple provoque parfois chez la femme l'état de détresse prévu par la loi et ce, pour des raisons physiques, psychologiques, économiques, sociales. 

S'agissant d'une intervention plus tardive, dès lors qu'un des fœtus est atteint d'une affection incurable, à la naissance, d'une particulière gravité, on se trouve dans la situation de l'article L162-12 du Code de la Santé Publique. 

Dans les autres cas, si la demande de la femme ne répond pas à la notion de détresse, ou si l'affection décelée n'est pas majeure, on se trouve hors du champ de la loi. Quelle que soit l'hypothèse, il faut se demander si la suppression d'un embryon ou d'un fœtus, dans ces conditions, constitue un avortement. 

S'il en est ainsi, les deux premières situations envisagées entraînent l'exigence d'une conformité aux dispositions légales. 

Dans la troisième, l'interruption est légalement impossible. Mais s'agit-il d'une interruption de grossesse au sens de la loi ? On peut dire, contre cette interprétation, que la grossesse n'est pas interrompue et, en sa faveur, que l'article 1er de la Loi de 1975 énonce que l'être humain a droit au respect dès le commencement de la vie. 
En la circonstance, ce qui est véritablement interrompu c'est le développement de cet embryon ou de ce fœtus. 
Quoi qu'il en soit, la réponse n'est actuellement contenue, ni dans la loi, ni dans la jurisprudence. 
Il faut, sur ce point, se borner à noter que la réduction embryonnaire ou fœtale s'applique à une femme qui désire procréer, alors que c'est une motivation inverse qui anime la femme dont on doit interrompre la grossesse.

Lire la consultation du CCNE en PDF

(Note de a.k) :
Il est à se rappeler que la loi sur la notion de situation de détresse n'existe plus depuis le 21 janvier 2014 :

Article 5 quinquies C (nouveau)
À la première phrase de larticle L. 22121 du code de la santé publique, les mots : « que son état place dans une situation de détresse » sont remplacés par les mots : « qui ne veut pas poursuivre une grossesse ».

La réduction embryonnaire n'est autre qu'un avortement qui conduit l'humain à éliminer un autre humain en formation ou en gestation. L'acte mortifère engage des parents et une équipe médicale devant faire un choix, entre tuer un enfant plutôt qu'un autre avec tous les risques collatéraux qu'il entraîne. C'est un jeu morbide où l'on tire sur un fœtus à La roulette russe en somme...

Le flottement législatif entraîne des conclusions sidérantes du CCNE : l'enfant que l'on tue est nié, car la grossesse se continue, la mère ayant d'autres enfants en gestation, cette élimination n'entre donc pas dans le cadre législatif d'un avortement, et de toutes les façons, le cas est différent, comme le souligne le CCNE, car dans l'un, la mère désire enfanter, dans l'autre, elle ne le désire pas... 
J'avoue en perdre mon latin. 
anne kerjean

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