dimanche 20 juillet 2014

"Choses entendues à la manif interdite", à Paris, ce 19 juillet 2014


Samedi soir, à la fin de la manif parisienne interdite, qui s’est accompagnée, dans une chaleur infernale, de peurs et de heurts (jets de pierre, lacrymogènes, charges, palettes brûlées...), j’ai fait rapidement le point avec quelques manifestantes et quelques policiers stationnés place Barbès.

Pour ouvrir le débat, j’ai pris d’abord une photo de Loubna, Amel et Sarah, étudiantes en BTS venues de Courbevoie (Hauts-de-Seine), avec en arrière-plan quelques gendarmes mobiles.

L’un d’entre eux, goguenard lance aux filles :
« Et vous savez où c’est, la Palestine ? »

Les étudiantes, énervées :
« Bien sûr ! Pas vous, on dirait. On manifeste pacifiquement et... »

Les gendarmes :
"Pacifiquement ? C’est pas vraiment ce qu’on a constaté !"

– "Faut pas généraliser, y a des gens bien et d’autres, vous le savez, faut pas tous nous mettre dans le même sac."

Un gendarme :
« Pourquoi vous manifestez alors que vous savez que c’est interdit ? »

Loubna :
« Interdit ? On n’a pas le droit d’interdire. C’est interdit d’interdire une manifestation. On est en France. On est autant français que vous ! »

Les gendarmes : 
« Elle a été interdite ! C’est la loi ! »

Sarah : 
« Non monsieur, Hollande, il est même pas là. Hollande, c’est un collabo. C’est le Crif [Conseil représentatif des institutions juives de France, ndlr] qui l’a éli [sic]. »

Un gendarme (professoral) corrige : 
« Elu. »

La fille (piquée) :
« M’en fous, c’est pareil. On n’a pas fait l’ENA comme vous. Et vous savez où c’est la Palestine, monsieur, allez dites-nous. »

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